Peur du dentiste ? Des solutions existent !


De la simple appréhension à la véritable phobie, la peur du dentiste concerne plus de la moitié des Français1. Le plus souvent, elle est liée à la crainte de la douleur et une mauvaise expérience dans l'enfance. Elle peut, dans certains cas, entraîner le refus de tout soin dentaire.

Aussi appelée stomatophobie dans les cas les plus sérieux, la peur du dentiste peut avoir de lourdes conséquences sur les dents et la santé en général. Techniques de relaxation, médicaments, sédation consciente ou encore anesthésie générale... permettent d'en venir à bout.

La peur du dentiste, une peur extrêmement répandue

Selon un récent sondage1, 54 % des Français éprouvent des craintes à l'idée de consulter leur dentiste. Si pour 35 % il ne s'agit que d'une légère appréhension, 19 % y voient un réel problème, 2 % avouant ne jamais consulter à cause de cela. Dans la majorité de cas, cette peur remonte à l'enfance, les plus âgés conservant le souvenir d'une mauvaise expérience (douleur, soins sous contrainte...) qu'ils transmettent souvent aux plus jeunes. Tous les âges et tous les milieux socioculturels sont concernés.

Au-delà de la simple appréhension qui conduit à limiter les consultations et peut se traduire une fois sur place par des mains moites ou une accélération du rythme cardiaque, le Dr Daniel Banoun*, médecin-stomatologue, attire l'attention sur la stomatophobie : "Comme toutes les phobies, il s'agit d'une peur intense et irraisonnée. Les patients viennent accompagnés, s'évanouissent dans la salle d'attente, "oublient" leurs rendez-vous ou tout simplement n'en prennent pas ! Dans les stades les plus sévères, la stomatophobie entraîne un état d'abandon buccal. Elle peut s'accompagner d'autres phobies comme la peur de vomir, du sang, des piqûres...".

Quand la stomatophobie fait des ravages

Le fait de repousser les consultations fait courir le risque de laisser d'éventuels problèmes s'aggraver. Pour autant, plus de la moitié des personnes éprouvant des craintes attendent qu'un problème devienne grave ou ennuyeux pour consulter1. Même en cas de fortes douleurs, certaines préfèrent user d'astuces, médicaments et drogues diverses, plutôt que de prendre rendez-vous.

En l'absence de prise en charge, le tartre s'accumule, les dents sont de plus en plus douloureuses, se cassent et tombent. "La douleur et la perte de dents peut empêcher de sourire, de parler, de manger, de sortir... avec de lourdes conséquences sur la santé et la vie sociale, note le Dr Banoun. Malgré tout, certains malades demeurent incapables de consulter. Ils ont honte de leur peur et de l'état de leur bouche, culpabilisent d'avoir attendu et craignent les remarques du dentiste. La stomatophobie entraîne des souffrances terribles, aussi bien physiques que psychologiques."

Les caries non soignées et les maladies parodontales peuvent aussi être à l'origine de pathologies cardiaques, problèmes ORL, déséquilibres du diabète...

Les solutions pour diminuer l'anxiété et être soigné

- D'abord en parler !

Quel que soit son degré d'anxiété, il est important d'en parler, ne serait-ce qu'à son dentiste. "En tant que médecins, nous devons nous préoccuper de la douleur de nos patients, note le Dr Armelle Laurenti-Griffiths**, pédodontiste. En outre, c'est aussi dans notre intérêt. D'abord parce qu'un patient effrayé hésitera à revenir, ensuite parce que nous travaillons toujours plus efficacement dans un contexte serein". Les patients les plus stressés peuvent demander à ce que leur première consultation se limite à une prise de contact.

Si le simple fait de prendre rendez-vous paraît insurmontable et/ou que la stomatophobie s'accompagne d'autres troubles, il peut être utile d'être soutenu par un psychothérapeute. Pour le Dr Banoun cependant, rien ne vaut les échanges avec d'autres malades stomatophobes ayant surmonté leurs craintes. Les discussions peuvent avoir lieu au sein d'un groupe de parole ou sur Internet via les blogs et forums de discussion (voir le forum sur les phobies de Doctissimo).

- Les astuces et méthodes non médicamenteuses

Il est conseillé2 d'éviter les excitants et de se coucher tôt la veille de la consultation. Une fois dans la salle d'attente, le fait de respirer plus amplement, d'orienter ses pensées sur des sujets agréables, d'écouter de la musique... évite de focaliser son attention sur l'ambiance du cabinet (bruits, odeurs...) et les soins potentiels.

Certains dentistes se sont spécifiquement formés à une ou plusieurs méthodes de relaxation permettant de diminuer l'anxiété et la perception de la douleur (thérapies cognitives et comportementales, sophrologie, hypnose, acupuncture...). Leurs coordonnées sont disponibles sur Internet3 ou par bouche à oreille.



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