Le physique entre-t-il en ligne de compte dans les entretiens de …

Mikki Hebl, professeur de psychologie a l’université de Rice, a voulu savoir si le physique des candidats, et en particulier les imperfections du visage, pouvaient avoir une influence au cours des entretiens de recrutement.

Elle a mené deux études en collaboration avec Juan Madera de l’université de Houston. Au cours de la première, 171 étudiants furent recrutés pour regarder un entretien géré par ordinateur. Pendant qu’ils regardaient, l’activité de leurs yeux était suivie. A la suite de l’entretien, ils devaient dire ce qu’ils avaient retenu à propos du candidat. « Lorsqu’on regarde une autre personne durant une conversation, l’attention est naturellement orientée selon un triangle autour des yeux et de la bouche », explique Madera. « Nous avons suivi l’attention hors de cette région et trouvé que plus les participants se focalisaient sur des stigmates du visage, et moins ils se souvenaient de ce que le candidat avait dit au cours de l’entretien, et moins ils s’en souvenaient, plus ils avaient tendance à baisser les notes du candidat ».

Dans une seconde expérience, on a fait mener des entretiens fictifs à 38 managers qui étudiaient dans le cadre d’un programme de gestion et qui avaient tous l’expérience du recrutement de personnel. Ils devaient rencontrer en face à face des candidats qui avaient des marques de naissance sur le visage.

En dépit du fait qu’ils étaient plus âgés, plus expérimentés et plus éduqués, les « recruteurs » avaient le plus grand mal à gérer leur réaction par rapport à ce stigmate, et ils y réagissaient même plus fort que le groupe qui avait visionné les entretiens, ce que Madera attribue au face à face. « Cela montre qu’en dépit de niveaux supérieurs en maturité et expérience, il y a toujours une réaction humaine négative face à une marque faciale », explique Madera.

« La conclusion, c’est que l’aspect de votre visage peut influencer de façon importante sur le succès d’un entretien», explique Hebl. « Il y a eu de multiples études qui ont montré que des groupes particuliers de gens faisaient l’objet d’une discrimination sur le marché du travail, mais cette étude permet de franchir une étape supplémentaire, en montrant pourquoi cela se produit. L’allocation d’attention hors de la mémoire pour le contenu de l’interview explique cela ». 

 

(Photo : Al Pacino dans Scarface de Brian De Palma, 1983)

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